Le profil professionnel de conservateur·rice-restaurateur·rice
La profession de conservateur·rice-restaurateur·rice est formellement reconnue depuis les années 1950. Les qualifications requises pour exercer cette profession s’obtiennent en cinq ans dans des programmes universitaires spécialisés, alliant réflexion scientifique et habileté manuelle.
Un élément central de la conservation-restauration consiste à élaborer un concept individuel pour chaque objet du patrimoine culturel. Cela implique non seulement planifier et exécuter les interventions avec minutie, mais aussi comprendre les processus d’altération, connaître les matériaux utilisés et savoir établir une documentation professionnelle. En règle générale, on préfère adopter des mesures de conservation préventives plutôt qu’intervenir sur l’objet. Le processus opérationnel tient compte des exigences des matériaux originaux, de l’authenticité de l’objet et de son contexte, passé et futur.
En dehors des postes institutionnels, la profession de conservateur·rice-restaurateur·rice s’exerce le plus souvent au sein d’entreprises de petite taille ou de structures individuelles. Il est courant de travailler en équipes sur un projet spécifique, comprenant des conservateurs·rices-restaurateurs·rices ayant des spécialisations identiques ou différentes ainsi que des expert·es issu·es de l’artisanat.
Examen préliminaire
L’examen préliminaire permet d’analyser la composition matérielle d’un bien culturel et son état de conservation.
L’objectif de l’examen préliminaire est d’étudier les causes des dommages et des dégradations, d’identifier les modifications ultérieures et de collecter des informations relatives à la technologie, l’utilisation et l’histoire du bien.
Prévention des détériorations
Au vu des connaissances actuelles sur l’entretien des patrimoines artistique et culturel, il s’agit en premier lieu de prévenir les détériorations afin d’éviter autant que possible une intervention sur l’objet lui-même. Connaître les causes potentielles des détériorations permet de prendre des mesures de conservation préventive, que ce soit pour une exposition, un entreposage, une utilisation ou un transport d’objets d’art ou de biens culturels.
Conservation
Restauration
La restauration comprend toutes les interventions et les traitements sur un objet déjà stabilisé, afin d’en améliorer l’appréciation, la compréhension et la lisibilité. Ces mesures modifient souvent l’apparence d’un objet et ne sont pas toujours totalement réversibles. Les mesures de restauration exigent le plus grand soin dans leur planification, leur justification, leur exécution et leur documentation. La retouche d’un tableau, l’assemblage d’une figurine de porcelaine en morceaux, la remise en forme d’un panier, l’élimination optique des lacunes dans un textile ou le colmatage par repulpage de la page d’un livre sont des exemples de restauration.
Documentation
Toutes les étapes de la conservation-restauration sont documentées au moyen de textes et de photos. Cette documentation inclut tous les résultats et conclusions de l’examen préliminaire, le concept de conservation explicité, l’ampleur des mesures de conservation-restauration ainsi que l’énumération de tous les matériaux utilisés pour l’intervention. Elle doit rester accessible sous une forme adéquate pour d’autres recherches et interventions ultérieures.